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Reconnaître l'or véritable

Quatre tests sont à votre portée. Aucun ne dit tout, et c'est le point important : chacun répond à une question précise, et croire qu'il répond aux autres est la source des mauvaises surprises.

Ce que les tests maison peuvent établir. Qu'un objet n'est pas en or massif : c'est rapide et fiable. Ce qu'ils ne peuvent pas établir : le titre exact. Déterminer s'il s'agit de 14 ou de 18 carats demande une pierre de touche ou un spectromètre.

1. L'aimant : trente secondes, et ça élimine beaucoup

L'or n'est pas ferromagnétique. Un aimant, même puissant, ne l'attire pas. Approchez un aimant de néodyme, de ceux qu'on trouve sur les portes de placard : si votre objet est attiré, il contient du fer ou de l'acier, et ce n'est pas de l'or massif.

Attention au raisonnement inverse, qui est faux. Ne pas être attiré ne prouve rien. Le laiton, le cuivre, l'aluminium et l'acier inoxydable austénitique ne réagissent pas davantage à un aimant. Ce test écarte une fraude grossière, il ne valide rien.

2. La densité : le test le plus informatif

C'est le seul test maison qui donne un chiffre. L'or est un métal exceptionnellement dense : 19,32 pour l'or pur, contre environ 8,5 pour le laiton et 7,8 pour l'acier. Un écart de plus du double, qu'aucune balance de cuisine ne peut manquer.

La méthode, pas à pas

  1. Pesez l'objet sec, notez ce poids. Appelons-le P1.
  2. Posez un verre d'eau sur la balance et faites la tare.
  3. Suspendez l'objet à un fil fin et plongez-le entièrement dans l'eau, sans qu'il touche le fond ni les parois.
  4. Notez ce que la balance affiche : c'est le poids de l'eau déplacée. Appelons-le P2.
  5. La densité vaut P1 ÷ P2.

Exemple : un objet qui pèse 15,5 g à sec et déplace 1,0 g d'eau a une densité de 15,5. On est dans la zone de l'or 18 carats, très loin du laiton.

Les ordres de grandeur

MatièreDensité approximative
Or pur (999 millièmes)19,32
Or 18 carats (750)15 à 16
Or 14 carats (585)13 à 14
Or 9 carats (375)11 à 12
Laitonenviron 8,5
Acierenviron 7,8

Les densités des alliages sont données en ordre de grandeur : elles varient selon les métaux ajoutés, et un or blanc au palladium ne pèse pas comme un or rose au cuivre. C'est pourquoi ce test distingue l'or d'un métal commun, mais ne départage pas deux titres voisins. L'écart entre 14 et 18 carats est de l'ordre de deux unités : une pesée domestique n'a pas cette précision, surtout sur un objet léger.

Deux pièges : les bijoux creux et les chaînes retiennent des bulles d'air, ce qui fausse la mesure vers le bas. Et un objet serti fausse tout, puisque les pierres ont leur propre densité.

3. Le poinçon : ce qu'il dit et ce qu'il ne garantit pas

En France, seuls cinq titres sont autorisés pour l'or : 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. Le 750 correspond au 18 carats, qui domine la bijouterie française ; le 916 au 22 carats ; le 585 au 14 carats et le 375 au 9 carats.

Les poinçons de garantie sont des symboles frappés, lisibles à la loupe. Deux sont documentés sans ambiguïté par l'administration des douanes :

  • la coquille Saint-Jacques pour le 585 millièmes ;
  • le trèfle pour le 375 millièmes.

Pourquoi je ne vous donne pas le symbole du 750. C'est le titre le plus courant, donc celui qui vous intéresse le plus, et c'est précisément celui sur lequel je ne veux pas vous induire en erreur : les textes officiels évoquent « l'ancienne tête d'aigle », ce qui suppose une évolution que je ne peux pas restituer avec certitude. Le tableau de référence est publié par la Monnaie de Paris, qui fabrique ces poinçons : c'est la source à consulter. La notice des douanes explique la démarche.

À côté du poinçon de titre, un bijou porte généralement un second poinçon, propre au professionnel : le poinçon de maître, en losange pour un fabricant, ou le poinçon de responsabilité, ovale pour un importateur. C'est une signature, pas une garantie de titre.

Et un poinçon se contrefait. Il appuie une conviction, il ne la remplace pas : un poinçon convaincant sur un objet dont la densité vaut 8 reste un faux.

4. La pierre de touche : le test des professionnels

C'est la méthode qui donne vraiment le titre. On frotte l'objet sur une pierre de basalte noire pour y déposer une trace de métal, puis on applique des acides étalonnés : selon la façon dont la trace résiste ou disparaît, on lit le titre.

Elle laisse une marque minuscule sur l'objet et manipule des acides, ce qui la réserve aux professionnels. En revanche, vous pouvez exiger qu'elle soit faite devant vous : c'est votre or qu'on évalue.

Comment fonctionne la pierre de touche, en détail.

Et une fois que vous savez

Si l'objet est bien en or, la suite est arithmétique. Pesez-le, retirez ce qui n'est pas en métal, et multipliez par le prix du gramme correspondant à son titre. En 18 carats, le gramme vaut 90,08 € au cours du jour, contre 120,10 € pour l'or fin.

Questions fréquentes

L'or est-il attiré par un aimant ?

Non. L'or n'est pas ferromagnétique : un aimant ne l'attire pas. Si votre pièce colle à un aimant, elle contient du fer ou de l'acier, et ce n'est pas de l'or massif. L'inverse n'est pas vrai pour autant : beaucoup de métaux non magnétiques ne sont pas de l'or, à commencer par le laiton et le cuivre.

Comment mesurer la densité d'un bijou chez soi ?

Pesez l'objet à sec, puis pesez-le suspendu dans l'eau sans qu'il touche le fond. La densité vaut le poids sec divisé par la différence entre les deux pesées. L'or pur a une densité de 19,32, très supérieure à celle du laiton (environ 8,5) ou de l'acier (environ 7,8). L'écart est si grand qu'une balance de cuisine suffit à démasquer un plaqué.

Peut-on distinguer du 14 carats du 18 carats à la maison ?

Pas de façon fiable. L'écart de densité entre ces deux titres est de l'ordre de deux unités, ce qu'une pesée domestique ne mesure pas avec assez de précision. Les tests maison établissent si c'est de l'or ; déterminer le titre exact relève de la pierre de touche ou de la spectrométrie, chez un professionnel.