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Dents en or : que peut-on en faire et comment les valoriser

Publié le 31 octobre 2026

Les dents en or, couronnes, bridges et éléments de prothèses dentaires peuvent être revendus auprès de professionnels spécialisés pour la valeur du métal précieux qu’ils contiennent. Qu’il s’agisse d’une prothèse dentaire retirée lors d’un soin médical ou d’un bien conservé à la suite d’une succession familiale, le montant obtenu dépend directement du poids net d’or fin, du titre de l’alliage exprimé en millièmes et du cours du jour sur le marché mondial.

Sur le plan juridique et fiscal, l’or dentaire n’est assimilé ni à des bijoux, ni à de l’or d’investissement. Il entre dans la catégorie réglementaire des débris de métaux précieux. À ce titre, sa revente obéit à un cadre strict destiné à protéger le vendeur particulier et à garantir une transaction transparente.

Pourquoi les prothèses et dents en or conservent une valeur

L’utilisation historique de l’or en dentisterie s’explique par ses qualités physico-chimiques remarquables. L’or est un métal inaltérable, résistant à la corrosion en milieu buccal, parfaitement biocompatible et doté d’une excellente malléabilité. Bien que les matériaux céramiques et les résines composites l’aient progressivement remplacé dans la pratique moderne, de très nombreuses prothèses dentaires en or subsistent au sein des patrimoines familiaux ou après des interventions médicales.

À la différence des bijoux ou des œuvres d’orfèvrerie dont la revente intègre une valeur esthétique ou artisanale, une dent en or est évaluée exclusivement pour sa matière première, à savoir comme un débris de métal précieux destiné au recyclage et à l’affinage. La présence d’éléments non métalliques, tels que des résidus d’émail, de céramique, de résine ou de ciment dentaire, ne supprime pas la valeur de la pièce. Ces composants imposent simplement une opération mécanique de séparation ou une étape de fonte préalable pour déterminer la masse exacte d’alliage précieux.

Pour le détenteur particulier, ces éléments dentaires constituent une réserve effective de métal fin valorisable. Le prix final proposé par l’acheteur dépendra de la masse d’or fin réellement récupérée après extraction des impuretés et du titre mesuré de l’alliage.

Composition et titres des alliages d’or dentaire

L’or pur à 999 millièmes (24 carats) est un métal trop tendre pour résister seul aux forces répétées de la mastication. Pour confectionner des couronnes, des inlays ou des prothèses durables, les prothésistes dentaires utilisent des alliages associant l’or à d’autres métaux comme le cuivre, l’argent, le platine ou le palladium afin de renforcer sa résistance mécanique.

En France, les titres légaux des alliages d’or s’expriment obligatoirement en millièmes : 999, 916 (22 carats), 750 (18 carats), 585 (14 carats) et 375 millièmes (9 carats). La teneur en or des alliages dentaires varie selon les époques et les fabricants et ne correspond pas toujours à l’un de ces titres : seule une analyse permet de la connaître avec certitude. Du point de vue de la traçabilité administrative, la douane française définit les poinçons de garantie officiels : la coquille Saint-Jacques identifie le titre 585 millièmes et le trèfle le titre 375 millièmes. Le titre 750 millièmes possède quant à lui son propre poinçon de garantie officiel consultable sur le portail des douanes (douane.gouv.fr). Par ailleurs, le poinçon de maître en forme de losange identifie le fabricant, tandis que le poinçon de responsabilité de forme ovale correspond à l’importateur : il s’agit d’une signature et non d’une garantie de titre.

La nuance de couleur d’une prothèse n’altère en rien son équivalence en métal fin. Un alliage d’or jaune, d’or blanc ou d’or rose affichant un titre identique de 750 millièmes contient exactement la même quantité d’or pur par gramme (soit 750 milligrammes d’or fin pour 1 000 milligrammes d’alliage). Seule la proportion des métaux secondaires varie, sans impact sur le prix d’achat du gramme d’or fin à la revente.

Calcul de la valeur : poids d’or fin et cours du jour

Le calcul de la valeur brute d’une prothèse en or repose sur deux facteurs incontournables : la masse d’or fin contenue dans l’alliage et la cotation internationale de l’once sur les marchés financiers. L’or se cote mondialement en dollars par once troy. L’once troy répond à une définition précise et pèse 31,1034768 grammes. Elle ne doit pas être confondue avec l’once du commerce courant (ou once avoirdupois) qui pèse 28,349523 grammes, marquant une différence théorique de près de 10 %.

Pour déterminer la valeur brute de votre bien, la méthode arithmétique s’établit ainsi :

  • Prix du gramme d’or fin : Cours de l’once troy converti en euros ÷ 31,1034768.
  • Prix du gramme d’alliage : Prix du gramme d’or fin × titre de l’alliage en millièmes (par exemple 0,750 pour du 18 carats ou 0,585 pour du 14 carats).
  • Valeur brute totale : Prix du gramme d’alliage × poids net de la pièce en grammes.

Vous pouvez suivre la cotation boursière en temps réel sur notre page dédiée au cours de l’or.

Lors d’une revente en comptoir, le professionnel applique une décote commerciale sur le cours théorique. Cet écart est normal : il permet au comptoir de couvrir ses frais d’analyse du titre, le coût de pesée et de fonte, les opérations d’affinage industriel, la prise en compte du risque de prix ainsi que sa marge d’exploitation. Pour obtenir une première simulation personnalisée avant de vous déplacer, n’hésitez pas à consulter notre calculateur de prix de rachat d’or.

Méthodes d’évaluation : aimant, densité et pierre de touche

Avant d’effectuer une transaction auprès d’un professionnel, plusieurs techniques permettent d’évaluer la nature d’un élément dentaire.

Le test de l’aimant offre une première indication visuelle : l’or n’est pas un métal ferromagnétique et ne subit aucune attraction en présence d’un aimant. Toutefois, cette réaction ne constitue pas une preuve absolue, car d’autres métaux non précieux comme le laiton ou le cuivre ne réagissent pas non plus aux aimants.

La mesure de la densité fournit un contrôle physique complémentaire. L’or pur (999 millièmes) possède une densité de 19,32. En raison des métaux d’alliage ajoutés, les alliages affichent des densités inférieures : entre 15 et 16 pour le titre 750 millièmes, entre 13 et 14 pour le 585 millièmes, et entre 11 et 12 pour le 375 millièmes. À titre de comparaison, la densité du laiton s’élève à environ 8,5 et celle de l’acier à environ 7,8. Si la mesure de densité distingue nettement l’or des métaux communs, elle ne permet pas de départager avec précision deux titres très proches, et elle est faussée tant que des parties non métalliques (céramique, ciment) restent attachées à la pièce.

En comptoir spécialisé, l’expertise repose sur la méthode de la pierre de touche. Le professionnel ou l’amateur équipé frotte doucement l’élément dentaire sur une pierre siliceuse noire à grain très fin, appelée lydite ou basanite, afin d’y déposer une trace métallique. Il dépose ensuite sur cette trace une goutte d’acide d’essai étalonné pour un titre précis (solutions d’acide nitrique, complétées d’acide chlorhydrique pour les plus hauts titres de 9, 14, 18 ou 22 carats). C’est la résistance de la trace sur la pierre qui atteste du titre en millièmes : si la trace résiste sans s’altérer, le titre est confirmé ; si elle s’efface ou se dissout, le titre est inférieur à l’acide testé. Ce test s’effectue avec des flacons étalonnés par titre et ne délivre pas un résultat chiffré déduit d’une vitesse de réaction.

Une mise en garde chimique essentielle s’impose : l’eau régale (mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique) dissout l’or, y compris l’or pur à 999 millièmes. Seul l’acide nitrique employé seul laisse l’or pur intact tout en dissolvant les métaux communs. Ces solutions étant particulièrement corrosives, le test à l’acide doit être réservé aux professionnels ou aux amateurs dûment équipés. Pour en savoir plus sur l’ensemble des protocoles de contrôle, consultez notre guide détaillé pour reconnaître l’or véritable.

Où vendre ses dents en or : comptoirs, bijoutiers et fondeurs

Plusieurs intermédiaires professionnels accueillent les particuliers désirant céder des éléments dentaires en or.

Les comptoirs d’achat d’or spécialisés constituent la filière la plus directe. Ces établissements disposent généralement de balances de précision, d’appareils d’analyse ou d’acides d’essai, et ont l’habitude des débris dentaires. Ils formulent une offre d’achat et, en cas d’accord, établissent le contrat écrit exigé par la loi.

Certaines bijouteries traditionnelles acceptent également de racheter les prothèses en or. Ne disposant pas toujours d’outils d’affinage sur place, elles peuvent répercuter des frais de gestion et d’expédition vers des fonderies partenaires.

Les fondeurs et affineurs industriels achètent le métal en grande quantité. Leur activité cible prioritairement les professionnels de santé dentaire ou les revendeurs disposant de lots volumineux. Pour comprendre le fonctionnement global des filières de rachat en France, découvrez notre synthèse sur l’achat et la revente d’or en France.

Réglementation et droits du vendeur d’or dentaire

La vente d’or par un particulier à un professionnel est strictement encadrée par le Code de la consommation et le Code monétaire et financier, afin de protéger les consommateurs et d’assurer la traçabilité des transactions.

Un contrat écrit est rigoureusement obligatoire pour toute transaction de métaux précieux entre un professionnel et un particulier. Un exemplaire doit être remis au vendeur au moment de la conclusion du contrat. Ce document contractuel doit notamment mentionner les informations suivantes :

  • Nom et adresse de l’acheteur professionnel ;
  • Identité complète du vendeur particulier ;
  • Date précise et lieu de la signature du contrat ;
  • Désignation détaillée du bien (ex. : débris dentaires en or) comportant son poids et sa pureté exprimée en millièmes ;
  • Prix de vente toutes taxes comprises.

Le vendeur bénéficie légalement d’un droit de rétractation qui court à compter de la signature du contrat, conformément aux articles L224-96 à L224-99 du Code de la consommation. Le contrat comporte obligatoirement un formulaire de rétractation prévu à cet effet. Pendant ce délai, le vendeur peut annuler la transaction sans justification ni pénalité financière. Le délai exact figure sur le formulaire remis avec le contrat : vérifiez-le avant de signer.

Sur le plan des modes de règlement, le Code monétaire et financier (article L112-6) interdit tout paiement en espèces lors du rachat de métaux précieux auprès d’un particulier, quel que soit le montant de la transaction. Le professionnel doit régler par un moyen traçable, comme un chèque barré ou un virement bancaire. Le non-respect de cette interdiction expose l’acheteur à une amende. Pour tout savoir sur la protection du consommateur dans ce secteur, lisez notre article explicatif sur vos droits lors de la revente d’or.

Fiscalité de la revente d’or dentaire

Le régime fiscal applicable dépend directement de la qualification juridique du bien vendu. L’or dentaire (couronnes, bridges, débris de prothèses) est classé administrativement parmi les débris de métaux précieux. À ce titre, il n’entre pas dans la définition de l’or d’investissement donnée par l’article 298 sexdecies A du Code général des impôts (qui vise les lingots et plaquettes d’au moins 995 millièmes et certaines pièces frappées après 1800 dont le prix ne dépasse pas de plus de 80 % la valeur de l’or qu’elles contiennent). De même, l’or dentaire ne relève pas du régime des bijoux et objets de collection.

Par défaut, la revente de débris d’or par un particulier est soumise à la taxe forfaitaire sur les objets précieux (TFOP). Cette taxe s’élève à 11 % du prix de vente brut, à laquelle s’ajoute la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) au taux de 0,5 %, soit un prélèvement fiscal total de 11,5 %. Contrairement à une idée reçue, il n’existe aucun seuil d’exonération pour les métaux précieux : la taxe est due dès le premier euro encaissé. Le seuil de 5 000 € ne s’applique qu’aux bijoux, objets d’art, de collection et d’antiquité (exonérés jusqu’à 5 000 € de prix de cession, et taxés pour leur part à 6 % plus 0,5 % de CRDS lorsque ce prix dépasse 5 000 €).

Toutefois, le vendeur peut sur option choisir le régime de la plus-value réelle. Dans ce cadre, la plus-value réalisée est soumise à l’impôt sur le revenu au taux de 19 %, complété par les prélèvements sociaux au taux en vigueur. Pour connaître les évolutions de ces prélèvements, le vendeur est invité à se référer au site officiel impots.gouv.fr. Ce régime bénéficie d’un abattement progressif de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième année, aboutissant à une exonération fiscale totale au bout de 22 ans de détention (la règle des douze ans ayant été abrogée en 2014).

Pour pouvoir exercer l’option pour la plus-value, le vendeur doit impérativement fournir deux preuves cumulatives :

  • Preuve écrite de la date et du prix d’acquisition (facture d’achat d’origine, acte notarié, reçu détaillé, extrait de déclaration de succession ou acte de donation) ;
  • Preuve de l’identification individuelle du métal (numéro de série gravé, scellé homologué ou inscription sur un compte nominatif).

Dans la pratique, un débris dentaire issu d’une extraction médicale ou hérité dans un lot familial sans justificatif nominatif ne peut quasiment jamais satisfaire à ces conditions strictes. En conséquence, les ventes d’or dentaire s’effectuent sous le régime par défaut de la taxe forfaitaire de 11,5 %. Pour approfondir l’ensemble des règles fiscales applicables aux métaux précieux, consultez notre page dédiée à la fiscalité de la revente d’or.

Et maintenant ? Les étapes pratiques avant de vendre

Pour réussir la revente de vos éléments dentaires en or et vous assurer du respect de vos droits, voici les démarches recommandées :

  1. Réaliser une pesée préalable : Utilisez une balance électronique de précision (au centième de gramme, 0,01 g) pour relever le poids brut global de la pièce avant tout déplacement.
  2. Nettoyer sommairement l’élément : Sans altérer le métal, retirez les débris organiques ou résidus libres pour faciliter le travail du professionnel.
  3. Consulter les cours de référence : Calculez une valeur indicative de votre bien en utilisant le cours de l’once troy et notre calculateur en ligne.
  4. Mettre en concurrence plusieurs professionnels : Sollicitez au moins deux comptoirs spécialisés ou bijoutiers afin de comparer leurs offres et les taux de décote appliqués.
  5. Exiger un contrat écrit complet : Avant de signer, vérifiez la présence de l’ensemble des mentions légales (identités, date et lieu, poids, titre en millièmes, prix toutes taxes comprises et formulaire de rétractation).
  6. Refuser tout paiement en liquidités : Exigez un règlement par chèque barré ou virement bancaire, conformément à la loi.

Foire aux questions sur la revente d’or dentaire

Peut-on vendre une prothèse dentaire contenant encore des parties non métalliques ?

Oui, les comptoirs de rachat de métaux précieux acceptent généralement les couronnes ou bridges comportant encore des résidus de ciment, d’émail, de résine ou de céramique. Le professionnel effectue une séparation mécanique des éléments non précieux avant de procéder à l’analyse du titre et à la pesée nette de l’alliage.

Est-il légal de recevoir le paiement d’une dent en or en liquide ?

Non, le paiement en espèces pour le rachat de métaux précieux auprès d’un particulier est interdit par l’article L112-6 du Code monétaire et financier, quel que soit le montant de la transaction. Le versement doit s’effectuer par un moyen traçable, comme un chèque barré ou un virement bancaire, sous peine d’amende pour l’acheteur.

Une dent en or est-elle considérée comme de l’or d’investissement ?

Non, l’or dentaire est classé dans la catégorie des débris de métaux précieux. Il ne répond pas aux critères de l’or d’investissement définis par l’article 298 sexdecies A du Code général des impôts (qui exige des lingots d’au moins 995 millièmes ou des pièces spécifiques à au moins 900 millièmes). Pour le particulier qui le revend, il relève du régime des métaux précieux : taxe forfaitaire de 11,5 % ou, sur justificatifs, régime de la plus-value.

Existe-t-il une franchise d’impôt sous 5 000 euros pour la revente de prothèses dentaires ?

Non. Le seuil d’exonération de 5 000 € s’applique exclusivement aux bijoux, objets d’art, de collection et d’antiquité. Les métaux précieux bruts et les débris dentaires sont soumis à la taxe forfaitaire sur les objets précieux de 11,5 % (11 % de TFOP + 0,5 % de CRDS) dès le premier euro de revente, sans aucune franchise d’impôt.

Comment connaître le titre d’une dent en or ?

Le titre peut figurer sur la facture du dentiste ou du prothésiste ; à défaut, le professionnel acheteur le détermine par un essai (pierre de touche ou analyse). Il s’exprime en millièmes (ex. 750 = 18 carats).

Quel document faut‑il fournir pour vendre une dent en or ?

Une pièce d’identité. Le professionnel doit vous remettre un contrat écrit mentionnant notamment le poids, le titre, le prix et les identités des deux parties.

La vente d’une dent en or est‑elle soumise à la TVA ?

Non, la TVA ne s’applique pas aux particuliers qui revendent leurs métaux précieux ; seule la taxe forfaitaire ou l’option plus‑value s’applique.

Peut‑on vendre une dent en or à un bijoutier ?

Oui, mais la décote appliquée peut être plus importante que chez un comptoir spécialisé dans le rachat d’or : comparez les offres.

Comment éviter les arnaques lors de la revente ?

Demandez un contrat écrit, vérifiez les mentions obligatoires et comparez plusieurs offres avant de signer.

Le cours de l'or est de 117,57 € le gramme d'or fin au 07/11/2026 à 17:00. Estimez ce que vaut votre or en quelques secondes.

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