Aller au contenu

Décryptage du contrat d’achat d’or : quels éléments vérifier

Publié le 04 octobre 2026 · mis à jour le 10 octobre 2026

Une grande quantité de pièces de monnaie dorées éparpillées sur une surface sombre.

Le contrat d’achat d’or est le document fondamental de toute transaction entre un particulier vendeur et un acheteur professionnel. Il encadre juridiquement le rachat de vos bijoux, pièces de monnaie ou lingots, en garantissant la transparence des prix, l’exactitude du poids et le respect strict de la fiscalité française. Avant d’apposer votre signature sur ce document, il est indispensable de vérifier la présence de l’ensemble des mentions obligatoires prescrites par la loi.

Le cadre légal et l’obligation du contrat écrit

En France, l’achat de métaux précieux par un professionnel auprès d’un particulier ne peut en aucun cas s’effectuer de manière informelle ou orale. Un contrat écrit est légalement obligatoire pour chaque transaction. Ce document écrit protège le vendeur comme l’acheteur en formalisant l’intégralité des conditions de la transaction. Il constitue la seule preuve juridique valable en cas de litige ultérieur.

Un exemplaire original du contrat signé doit être obligatoirement remis au vendeur au moment même de la signature. Sans ce document conforme, le professionnel ne peut justifier la légalité du prix payé, et le particulier se trouve privé des garanties légales essentielles offertes par le Code de la consommation, à commencer par le droit de rétractation. Un contrat incomplet, comportant des omissions ou rédigé de façon illisible est susceptible d’être frappé de nullité, ce qui expose le professionnel à des sanctions administratives et le vendeur à une insécurité juridique.

Les mentions obligatoires relatives à l’acheteur et au vendeur

Pour assurer la traçabilité complète des métaux précieux et lutter contre le recel, le Code de la consommation impose l’inscription claire de plusieurs mentions d’identification sur le contrat. Chaque information doit être renseignée sans ambiguïté ni abréviation trompeuse :

  • Identité et coordonnées de l’acheteur professionnel : le contrat doit indiquer le nom ou la raison sociale complète de l’entreprise, son adresse professionnelle, son numéro SIREN, son extrait Kbis ainsi que son numéro de TVA intracommunautaire.
  • Identité et coordonnées du vendeur : l’identité complète (nom et prénom) du particulier ainsi que son adresse de résidence doivent être formellement consignées sur le document.
  • Informations relatives à la transaction : la date précise et le lieu exact où la vente est conclue doivent figurer clairement au bas de l’acte.

L’absence de l’une de ces informations rend le contrat non conforme aux exigences légales et expose le professionnel à des sanctions administratives.

Désignation précise du bien : poids, titre en millièmes et poinçons

La désignation des objets vendus est une partie cruciale du contrat d’achat d’or. La loi exige une description exacte du bien précisant obligatoirement deux éléments techniques cardinaux : son poids net en grammes et sa pureté exprimée en millièmes.

L’or se cote sur les marchés internationaux en dollars par once troy. Une once troy pèse exactement 31,1034768 grammes. Il convient de ne pas la confondre avec l’once du commerce courant, qui pèse 28,349523 grammes, soit un écart de près de 10 %. Pour calculer la valeur théorique brute d’un objet, le prix du gramme d’or fin s’obtient en divisant le cours de l’once troy par 31,1034768, puis en multipliant ce résultat par le titre réel en millièmes du bijou ou du lingot.

Les titres légaux français pour l’or sont rigoureusement définis par la réglementation :

  • 999 millièmes : or pur (24 carats), principalement utilisé pour les lingots et lingotins d’investissement.
  • 916 millièmes : or 22 carats, présent notamment sur certaines pièces de monnaie comme le Souverain britannique.
  • 750 millièmes : or 18 carats, qui constitue la référence historique et standard de la bijouterie française.
  • 585 millièmes : or 14 carats, fréquemment employé en bijouterie moderne.
  • 375 millièmes : or 9 carats, utilisé pour les bijoux à plus faible teneur en or fin.

Il est fondamental de noter que l’or jaune, l’or blanc et l’or rose d’un même titre contiennent exactement la même proportion d’or fin. Seule la composition des métaux d’alliage (cuivre, argent, palladium) varie pour modifier la couleur du métal. Par conséquent, ils possèdent rigoureusement la même valeur financière au gramme lors de la revente au poids.

Pour attester du titre des bijoux, l’administration des douanes reconnaît des poinçons de garantie officiels. Par exemple, le poinçon de la coquille Saint-Jacques garantit un titre de 585 millièmes (14 carats), tandis que le poinçon du trèfle garantit un titre de 375 millièmes (9 carats). Le titre 750 millièmes dispose également de son propre poinçon officiel de garantie, que chacun peut vérifier directement sur le site douane.gouv.fr. Il ne faut pas confondre ces poinçons de garantie avec le poinçon de maître (de forme losange pour un fabricant) ou le poinçon de responsabilité (de forme ovale pour un importateur), qui constituent une signature d’artisan ou de négociant mais ne remplacent pas la garantie officielle du titre.

Masses d’or fin des pièces et lingots de référence

Lorsque la transaction porte sur de l’or d’investissement (pièces ou lingots), le contrat doit détailler le nombre d’unités, la dénomination exacte de l’objet et sa quantité d’or fin contenue :

  • Napoléon 20 francs : pèse 6,45161 grammes au titre de 900 ‰, ce qui équivaut à 5,806 grammes d’or fin. La pièce de 10 francs contient exactement la moitié de cette masse d’or fin. La pièce suisse de 20 francs Vreneli présente des caractéristiques strictement identiques.
  • Souverain britannique : pèse 7,98805 grammes au titre de 916,7 ‰, soit 7,322 grammes d’or fin.
  • Krugerrand 1 once : contient exactement une once troy d’or fin (31,1035 g) pour un poids brut total de 33,93 grammes.
  • 50 Pesos mexicains : contient 37,5 grammes d’or fin.
  • 20 Dollars US : contient 30,09 grammes d’or fin.
  • Lingot de 1 kg et lingotin de 100 g : contiennent respectivement 1 000 grammes et 100 grammes d’or fin.

Une pièce de monnaie ou un lingot se négocie avec une prime variable qui s’ajoute à la valeur pure du métal. Cette prime reflète l’offre, la demande et l’état de conservation du produit. Plus le format de la pièce ou du lingotin est petit, plus le poids relatif de la prime sur le prix global a tendance à être important.

Prix, décote et interdiction absolue du paiement en espèces

Le contrat d’achat d’or doit mentionner de manière transparente le prix global net proposé au vendeur, en détaillant les taxes et la décote appliquée par l’acheteur professionnel. Le comptoir d’achat applique sur le cours du métal une décote destinée à couvrir l’analyse du titre, la pesée, la fonte, l’affinage ultérieur, le risque de fluctuation du cours et sa marge commerciale.

Concernant le règlement financier, la réglementation française est d’une sévérité absolue : le paiement en espèces est formellement interdit pour tout achat de métaux précieux par un professionnel auprès d’un particulier, quel que soit le montant de la transaction (article L112-6 du Code monétaire et financier). Le paiement doit obligatoirement s’effectuer par chèque barré ou par virement bancaire sur un compte au nom du vendeur. Tout manquement à cette interdiction est sanctionné par une amende de 5e classe.

Le droit de rétractation de 24 heures et le formulaire détachable

Conformément aux articles L224-96 à L224-99 du Code de la consommation, le particulier qui vend de l’or d’occasion bénéficie d’un droit de rétractation légal de vingt-quatre heures à compter de la signature du contrat. Ce droit s’exerce librement, sans justification ni pénalité.

Pour permettre au vendeur d’exercer ce droit, le contrat doit obligatoirement comporter un formulaire détachable de rétractation. Toute clause contractuelle par laquelle le vendeur renoncerait à ce droit de rétractation est rigoureusement nulle et non avenue.

Il convient de noter une exception légale majeure : ce délai de rétractation ne s’applique pas à l’or d’investissement (lingots, lingotins et pièces répondant aux critères fiscaux), dont le prix est lié aux fluctuations des marchés financiers.

Fiscalité de la revente d’or : taxes et options d’exonération

Le contrat doit faire figurer de manière claire le régime fiscal appliqué à la transaction. Par défaut, la revente d’or est soumise à la Taxe forfaitaire sur les objets précieux (TFOP), dont le taux est de 11 % du prix de vente, majoré de 0,5 % au titre de la CRDS, soit une taxation globale de 11,5 %. Il faut souligner qu’il n’existe aucun seuil d’exonération pour les métaux précieux : la taxe est due dès le premier euro.

Le seuil de 5 000 € ne concerne en aucun cas les métaux précieux bruts : ce seuil d’exonération s’applique uniquement aux bijoux, objets d’art, de collection et d’antiquité, soumis à une taxe de 6 % (plus 0,5 % de CRDS) au-delà de 5 000 €.

Sous réserve de pouvoir justifier de la date et du prix d’acquisition (via un acte notarié, une facture nominative, un reçu, un extrait de déclaration de succession ou un acte de donation), le vendeur peut opter pour le régime de la plus-value réelle. Ce régime applique un impôt sur le revenu de 19 % plus les prélèvements sociaux au taux en vigueur (consulter le site impots.gouv.fr pour connaître le taux global à jour). L’option donne droit à un abattement de 5 % par année de détention à compter de la troisième année (au-delà de la deuxième année révolue), ce qui entraîne une exonération totale d’impôt au bout de vingt-deux ans de détention. Il est à rappeler que l’ancienne règle d’exonération au bout de douze ans est abrogée depuis 2014.

L’option pour la plus-value impose en outre une identification individuelle obligatoire du bien (numéro de série, gravure, scellé individuel ou inscription sur un compte). Un bijou de famille hérité sans justificatif d’origine ne peut ainsi presque jamais bénéficier de cette option et sera taxé au régime forfaitaire.

En ce qui concerne la TVA, l’or d’investissement est exonéré de taxe en vertu de l’article 298 sexdecies A du Code général des impôts. Cette exonération couvre aussi bien les livraisons (ventes) que les acquisitions et importations. Sont qualifiés d’or d’investissement les lingots, barres ou plaquettes d’un poids supérieur à 1 gramme d’un titre d’au moins 995 ‰, ainsi que les pièces d’un titre d’au moins 900 ‰, frappées après 1800, ayant eu cours légal et négociées à un prix ne dépassant pas de plus de 80 % la valeur de l’or métal qu’elles contiennent (la liste officielle des pièces éligibles est arrêtée chaque année par la Commission européenne). Les bijoux ne constituent pas de l’or d’investissement.

Vérification du titre : méthodes physiques et tests aux acides

Avant de rédiger le contrat, le professionnel procède à l’évaluation et au contrôle de l’or :

  • Test à l’aimant : l’or n’est pas ferromagnétique et ne doit pas être attiré par un aimant. Toutefois, l’absence d’attraction aimantée ne prouve pas qu’il s’agit d’or pur, car le laiton et le cuivre ne sont pas non plus attirés.
  • Test de densité : la densité de l’or pur est de 19,32 (contre environ 8,5 pour le laiton et 7,8 pour l’acier). Pour les alliages, la densité varie de 15 à 16 pour le 18 carats (750 ‰), de 13 à 14 pour le 14 carats (585 ‰) et de 11 à 12 pour le 9 carats (375 ‰). Ce test distingue l’or d’un métal commun, mais ne permet pas de départager deux titres très proches.
  • Test à la pierre de touche : sur une pierre siliceuse noire à grain fin (lydite ou basanite), le professionnel effectue un frottement pour déposer une trace, puis dépose un acide étalonné sur la trace. C’est la résistance de la trace à l’acide qui confirme le titre (si le titre est insuffisant, la trace se dissout). Ce test ne contrôlant que la surface, un plaqué or épais peut réussir l’épreuve.

Les acides de test sont étalonnés par titre (9, 14, 18 et 22 carats) et contiennent de l’acide nitrique, renforcé d’acide chlorhydrique pour les plus hauts titres. L’acide nitrique seul ne détruit pas l’or fin. En revanche, l’eau régale (mélange d’acide nitrique et d’acide chlorhydrique) dissout l’or, y compris l’or pur. Il ne faut donc jamais prétendre que l’eau régale épargnerait l’or pur. Manipulés pour ces tests, les acides sont corrosifs et doivent être utilisés par un professionnel ou un amateur averti et dûment équipé.

Checklist synthétique avant signature

Avant d’engager définitivement votre vente d’or, prenez le temps de passer en revue les points suivants sur votre contrat :

  1. Double exemplaire : vérifiez que l’acheteur vous remet immédiatement un exemplaire original signé du contrat.
  2. Identités complètes : contrôlez que le nom, l’adresse, le numéro SIREN, le Kbis et le numéro de TVA de l’acheteur y sont figurés, de même que votre identité et adresse.
  3. Descriptif détaillé : assurez-vous que le poids exact en grammes et le titre en millièmes (999, 916, 750, 585 ou 375 ‰) apparaissent clairement pour chaque objet.
  4. Moyen de paiement : exigez un chèque barré ou un virement sur votre compte nominatif. Le paiement en espèces est strictement interdit.
  5. Formulaire de rétractation : vérifiez la présence du bordereau détachable permettant de faire valoir votre droit de 24 heures (hors or d’investissement).
  6. Fiscalité et justificatifs : conservez précieusement le contrat et la preuve de paiement pour vos démarches fiscales ultérieures ou en cas de contrôle.

Questions fréquentes

Quel est le délai de rétractation pour la vente d’or à un professionnel ?

Le vendeur bénéficie de 24 heures de rétractation à compter de la signature du contrat, sans justification ni pénalité, conformément aux articles L224‑96 à L224‑99 du Code de la consommation.

Le paiement en espèces est‑il autorisé ?

Non. Le paiement en espèces est interdit pour les transactions d’or d’occasion (art. L112‑6 du Code monétaire et financier). Seuls le chèque barré ou le virement bancaire sont acceptés.

Comment prouver le titre et le poids de mon bijou ?

Le contrat doit mentionner le poids exact en grammes et le titre en millièmes. Vous pouvez vous aider du guide pour peser votre or à la maison et d’un test à la pierre de touche.

Quel impact a la taxe forfaitaire sur le prix de vente ?

Par défaut, la revente d’or d’occasion est soumise à une taxe forfaitaire de 11 % du prix de vente, majorée de 0,5 % de CRDS, soit 11,5 % au total.

Dois‑je conserver le contrat après la vente ?

Oui. Le vendeur doit garder une copie du contrat signé, ainsi que les pièces justificatives (facture, certificat d’authenticité, etc.) pendant au moins cinq ans.

Photos : Panos and Marenia Stavrinos, via Pexels.

Le cours de l'or est de 120,10 € le gramme d'or fin au 16/10/2026 à 00:00. Estimez ce que vaut votre or en quelques secondes.

Autres guides